Héraldique, mode d'emploi

APPRENONS A LIRE

Comment décrir un blason

LECTURE DU BLASON

Apprenons maintenant à déchiffrer des armoiries en langage héraldique. Voici un écu avec ses différentes parties : ce qui frappe d’abord, c’est que le « flanc dextre » se trouve à gauche et le « flanc sénestre » à droite.

Explication : les armoiries sont la représentation graphique d’une personne, physique ou « morale » (comme une cité, une communauté religieuse ou une corporation). Elles sont donc assimilées à leur possesseur, comme si vous l’aviez en face de vous : s’il ferme son œil gauche, vous le voyez à droite, et son oreille droite, vous la voyez à gauche...

Le chef est pris dans le sens de tête, comme « couvre-chef ».

Le blason va se « lire » de gauche à droite (donc de dextre à sénestre) et de haut en bas, comme une page de texte, et en partant du fond de l’écu vers les couches superposées, de la plus basse vers la plus haute. (Un peu compliqué de prime abord mais cela devient facile à l’usage).

Les principaux « points de l’écu » sont : A le canton dextre du chef, B le point du chef, C le canton sénestre du chef, D le point d’honneur, E et G sont les flancs dextre et sénestre et F est le cœur, H et J sont les cantons dextre et sénestre de la pointe qui, elle, est située au point I.

BLASONNEMENT

Et maintenant, nous allons nous servir des éléments déja acquis pour composer quelques blasons et les décrire en blasonnement :

Ce premier écu est une partition avec un meuble, on écrira : « Parti, de gueules et d’azur, a la nef d’or brochante ». On commence par décrire le fond de l’écu soit la partition et on en donne les couleurs (dextre d’abord, puis sénestre. Ensuite on décrit le meuble (la nef) et sa couleur puis on donne sa position qui est brochante c’est à dire à cheval sur la partition.

« Coupé, d’or à l’aigle d’azur et de gueules au dauphin d’argent. » Ici les meubles ne sont pas brochants mais à l’intérieur de chaque élément de la partition. On va donc nommer la partition (coupé) puis décrire son élément du chef, y compris le meuble qui le charge, avant de passer au second, celui de la pointe où l’on fait de même.

« De gueules à la fasce d’argent, sommée (on dit aussi : « accompagnée en chef » mais c’est plus lourd) d’un léopard d’or. » Ici, pas de partition mais une pièce et un meuble. On donne donc d’abord le champ de l’écu (de gueules) puis la pièce (la fasce) puis le meuble qui l’accompagne en précisant sa position.

« D’azur à la croix d’argent chargée en cœur d’une tour de gueules, cantonnée de quatre nefs d’or. » Même principe que le précédent : le champ, la pièce (la croix) puis on continue à « monter » avec la tour qui charge la croix, puis on s’occupe de ce qu’il y a autour. Cantonnée veut dire que les quatre cantons, autour de la croix sont occupés par le même meuble sinon, on préciserait « au canton dextre du chef », ou « au canton sénestre de la pointe ».

« Ecartelé, au premier et quatrième d’azur à la tour d’or, au second et troisième de gueules au dauphin aussi d’or » Voici, de nouveau, une partition : l’écartelé qui est souvent, comme ici, la répétition d’un même motif dans deux quartiers. On pourra donc dire, en simplifiant : « Ecartelé d’azur à la tour d’or et de gueules au dauphin aussi d’or ».