Marques de maison
Usages & codification de la marque
LA TRANSMISSION DE CES MARQUES suivait des traditions non écrites comme le fait que la marque se transmettait au fils aîné sans altération alors que les cadets devaient la modifier. Il existait également une différence théorique entre la marque de maison qui faisait référence à l’appartenance à une maison, une famille alors que la marque de ferme faisait référence à une propriété foncière ; mais la frontière entre les deux concepts s’est révélée à l’usage relativement floue. Et c’est cette fluidité, qui n’existe pas dans l’héraldique, qui caractérise les marques de maison. A noter que les marques de maison étaient parfois complétées par l’ajout d’initiales ou de suffixes.
La langue de la marque domestique
Tout comme l’héraldique, la description des marques de maison suit des règles terminologiques précises s’appuyant sur des termes héraldiques courants tels que les que les écharpes, les chevrons, les linteaux, les béquilles, les losanges de fenêtre, etc. et qui se réfèrent aux fûts, aux entretoises, aux croisillons, aux têtes et aux pieds des marques. Cette terminologie spécialisée n'est toutefois apparue que postérieurement à l'intégration des marques de maison dans l'héraldique et avec la nécessité qui en a résulté de pouvoir les décrire précisément.
Marque domestique et héraldique
De nombreuses marques de maison sont placées dans des cadres en forme de bouclier. On les retrouve sur des sceaux, des bâtiments et des pierres tombales, tant pour les agriculteurs que pour les citoyens des villes de Scandinavie et d'Allemagne aux XVIIIe et XIXe siècles.
On peut considérer que les marques de maison (avec les initiales) ont joué un rôle majeur dans le développement des premières armoiries paysannes ou bourgeoises. Avec l’extension de l’usage d’armoiries au-delà des cercles aristocratiques, les marques domestiques ont été progressivement intégrées à l’héraldique. Cette transition s’est faite naturellement et progressivement : les marques de maison ont d’abord été placées dans un écu avant de se transformer en armoiries complètes.
Les marques de maisons dans les pays nordiques
Qu’ils se disent « bumerke » en norvégien, « bomerke » en suédois et en danois, « einkunn » en islandais ou encore « puumerkki » en finois, les marques de maison ont été utilisées dans les pays nordiques non seulement par les paysans mais aussi par les marchands, les commerçants, les artisans et autres bourgeois des grandes villes de la région. On les retrouve sur le bétail, les bâtiments agricoles, les entrepôts marchands, les monuments religieux et les sceaux. Jusqu’au XIVe siècle, en Finlande et Norvège, les personnes illettrées pouvaient utiliser leur marque en lieu et place de la signature sur les documents officiels. Chaque agriculteur avait un petit sceau avec sa marque ou son monogramme.
Les nobles et les rois eux-mêmes avaient également recours aux marques de maison pour signer les documents (les marques faisant office de sceaux).
Marques du Roi Håkon V (1307), Arne Kaar Herlagssøn (1331), Jon Pålsson (1334), Ketil Kollssøn (1339), Thord Nikolassøn (1366), Asmund Eyvindssøn (1366), Halvard Tholfssøn (1398) et Asmund Audunssøn (1400)